Les saisies en aïkido par Jean-Marc Chamot

Les saisies en aïkido, un thème touchant aux fondamentaux de la pédagogie de l’aïkido…

Quid de l’efficacité ?

Parler des saisies en aïkido implique de mettre en perspective la procédure pédagogique la plus couramment employée dans nos dojos. En effet, notre formation fait la part belle à l’étude de cette capacité spécifique de l’être humain qui – comme le disent les dictionnaires – consiste à « saisir, agripper ou retenir… » le corps de l’adversaire en contrôlant manuellement l’un de ses membres ou une partie de ses vêtements.

Avant d’aborder plus précisément ce sujet, peut-être est-il d’abord utile de revenir sur ce qui constitue la raison d’être de tout art martial ou de tout sport de combat, à savoir l’efficacité. Au vu de l’attractivité exercée par les pratiques concurrentes de l’aïkido que le public semble dorénavant trouver plus efficientes, la question se pose de savoir s’il ne faudrait pas revoir les modes opératoires de notre formation. Ne devrait-on pas privilégier dans nos cours une approche plus directement « combative » en lieu et place du parcours « à long terme » actuellement privilégié, ce cheminement qui fait la part belle à l’étude des saisies ? Le but serait de rester attractif et de revaloriser notre crédibilité sans risquer de dénaturer notre pratique pour autant… Une gageure en fait !

Pour reformuler la chose, est-il bien utile de continuer à passer autant de temps à étudier le travail des saisies alors qu’il serait peut-être plus intéressant de prioriser les exercices contre des attaques frappées ? Du point de vue de l’entraînement, quel est véritablement l’intérêt des saisies telles qu’elles sont proposées à nos pratiquants, dans notre curriculum ?

En général, ce que voient les spectateurs « néophytes » d’une démonstration d’aïkido, c’est avant tout un spectacle dynamique dans lequel saisies et attaques semblent indissociables. Même si la personne non avertie n’a généralement pas le recul nécessaire pour distinguer clairement ce qui relève de « l’éducatif » de ce qui ressort directement du « combatif » dans notre travail, ne devrions-nous pas néanmoins nous interroger pour savoir si nos techniques sont toujours cohérentes et préparent véritablement le pratiquant à un éventuel combat ? Ne proposons-nous pas plutôt une sorte de chorégraphie bien orchestrée ? Aux yeux du « grand public », ce que nous faisons représente-t-il véritablement un art martial, une discipline de combat ou une simple gymnastique plutôt esthétique ? En bref, nos « attaques » – saisies ou frappes – sont-elles suffisamment organisées pour rendre lisibles et crédibles les techniques qui visent à les contrôler ?

Et quelle est la situation ailleurs, chez nos « disciplines sœurs » ?

Si l’on tourne le regard vers les autres activités combatives qui peuvent occasionnellement apparaître dans les médias, certaines, comme la Lutte, le Judo, le Jujitsu Brésilien… mettent majoritairement l’accent sur les saisies. Comme il s’agit généralement de prestations de qualité, elles sont alors jugées tout aussi respectables que les frappes de sports « pieds/poings » que sont les Boxes (française, anglaise), le Karaté ou le Taekwondo… Les Mixed Martial Arts quant à eux – qui passent dans l’imaginaire collectif pour être proches de ce qu’est un « vrai » combat – emploient de leur côté les deux types de démarche… Par conséquent, comme l’entraînement en aïkido passe également par l’emploi de cette double approche, notre démarche ne paraît pas particulièrement problématique. En fin de compte, en dépit de l’absence du « test » qu’est la compétition, ce n’est pas cette dualité qui peut justifier le déficit relatif de crédibilité de nos pratiques.

Et dans nos dojos ?

Pour les nouveaux arrivants dans un dojo, l’apprentissage est, a priori, perçu comme le fruit d’un éventail ouvert de méthodes finalement complémentaires, du moins dans un premier temps !

Ce n’est donc souvent que sur la durée que le pratiquant peut en venir à s’interroger sur la prise en compte de l’efficacité combative dans la pédagogie de l’aïkido et, en corollaire, sur le degré d’utilité du travail des saisies.

Le côté graduel de cette perception est loin d’être incohérent, les saisies étant généralement étudiées en début de cours dans le but d’aider l’apprenant à se forger des outils corporels et conceptuels employables ultérieurement contre des attaques frappées… A n’en point douter, c’est pour cette raison que ces premières étapes pédagogiques de nos entraînements en sont venues à être perçues comme une sorte de passage obligé visant à préparer aux « choses sérieuses » que sont les techniques contre les coups.

Des interrogations justifiées… par l’histoire !

Mais peut-être y a-t-il un autre phénomène qui est à l’origine d’une telle perception : la marque de l’histoire… Les formes des saisies étudiées en aïkido sont en effet clairement datées. Tout comme il est régulièrement nécessaire que l’enseignant remette dans leur contexte les exercices effectués en Suwari waza, Hanmihantachi waza, etc., il n’est guère évident de penser, pour un débutant, que lorsqu’il saisit la main droite de son partenaire, c’est pour invalider la prise d’un sabre (puisque ce dernier est presque toujours virtuel) ou bien que s’il maintient l’avant-bras de son partenaire à deux mains c’est parce qu’un autre attaquant (virtuel lui aussi bien sûr) l’accompagne !

Tout cela n’est pas franchement aisément compréhensible pour un occidental des temps modernes et il faut une bonne dose d’imagination au débutant pour mettre tout cela en perspective…

Par contre, ce « fossé historique » est a priori moins problématique en ce qui concerne les attaques frappées que sont Tsuki, Yokomen uchi, Shomen uchi, etc. car celles-ci partagent suffisamment de points communs avec les directs, crochets et autres uppercuts des rues du XXIe siècle pour que l’apprenti bagarreur y voit un intérêt batailleur. Certes, là aussi quelques explications sont nécessaires à l’occasion mais si ce que l’on considère comme la référence combative « ultime » de l’aïkido consiste à apprendre – a minima – à voir venir des coups et à être capable de les canaliser, ce sont ces outils là dont il faudrait probablement privilégier l’étude, voire la rendre exclusive. C’est du moins ce que le pratiquant peut en venir à penser lorsqu’il a pris un peu de maturité.

Pourtant, les pratiquants dans leur ensemble – aussi bien débutants qu’un peu plus chevronnés – n’ont que rarement une vision claire de la cohérence qui sous-tend leurs entraînements même lorsque ceux-ci sont encadrés par des enseignants compétents. Rien de vraiment étonnant en cela, une véritable perception de l’efficacité martiale ne se faisant généralement jour qu’avec le temps et l’expérience même si, bien sûr, il arrive qu’on rencontre des débutants avisés qui s’interrogent rapidement sur nos procédures éducatives…

Peut-être pourrait-on alors espérer que ces derniers auront alors accès à une information très particulière qui leur éviterait de se poser plus avant ce genre de question (quant à l’utilité des saisies) et qu’ils seront amenés à comprendre que cette remise en question des saisies n’a pas vraiment raison d’être…

Une donnée capitale dont tout pratiquant devrait disposer…

Pour trouver cette information il faudrait en fait qu’ils se tournent non pas vers le Japon mais plutôt vers les USA ou la Grande Bretagne. Dans ces deux pays, les caméras de surveillance sont si nombreuses que la population – y compris celle des bas-fonds – ne les remarque quasiment plus. Les enregistrements qui en proviennent sont ensuite analysés par la « maréchaussée » locale et employés dans un but de formation afin de développer dans les rangs des forces de l’ordre une conscience aussi claire que possible des situations violentes auxquelles ses membres pourraient être confrontés. Et les chiffres sont particulièrement impressionnants : sur ces prises de vue enregistrées de jour comme de nuit, on peut constater que plus de 70% des agressions sont effectuées en deux manœuvres quasi conjointes. Dans un premier temps, la victime est d’abord énergiquement saisie et « fixée » par une première main pendant que, presque immédiatement, la seconde main frappe, vole, étrangle, égorge, etc.

Nos pratiques sont-elles adaptées ?

Un tel renseignement est capital pour nous puisque, confirmé par la réalité de la « rue », il permet de réhabiliter l’intérêt du travail des saisies. Pourtant, si celui-ci retrouve là sa légitimité « combative », il ne faudrait pas pour autant valider « nos » saisies en bloc et se dispenser d’une analyse suffisamment précise de ces dernières afin de savoir si elles correspondent bien aux difficultés auxquelles le pratiquant pourrait être confronté.

La question sera donc de savoir lesquelles des saisies proposées par notre discipline seront les plus utiles à étudier dans le registre « saisie + frappe » ?

Et c’est un peu là que le bas blesse car lorsque l’on se penche un peu plus précisément sur la nomenclature actuellement employée lors des passages de grades de la CSDGE, on s’aperçoit que les études où une main vient saisir une partie quelconque du corps pendant que l’autre main intervient sont plus que rares…

En fait, et c’est quand même inquiétant, dans le catalogue « officiel » moderne que nous employons, il n’y a qu’une véritable étude de ce type d’approche en Tachi waza (maé), il s’agit de Katadori menuchi…

En admettant que l’on ajoute éventuellement à cette étude, sa version décalée, en Ushiro waza, Eridori – puisque dans cette « saisie », Tori est censé apprendre à contrôler la main libre d’Uké pour effectuer des techniques – on fait vite le bilan que la liste est étonnamment brève.

Même Ushiro Kataté dori Kubishime ne correspond pas vraiment aux besoins…

En conclusion, si l’étude de techniques contre des saisies vise véritablement à préparer leur application contre des coups, il semble cependant que cet aspect utile (saisie + coup) soit a priori bien fragile !

Bien sûr, au détour d’un stage, on peut avoir le bonheur de rencontrer d’autres possibilités (Gyaku hanmi kataté dori avec un Tsuki donné de l’autre main, par exemple qui peut très facilement se terminer en Tenchi nage) mais leur étude est rarement proposée et jamais escomptée lors de passages de grades …

Il semblerait donc utile, nécessaire voire incontournable de pousser la réflexion un peu plus loin. Si d’un côté et comme cela vient d’être démontré, avancer qu’il faudrait purement et simplement supprimer l’étude des saisies serait dommageable, d’un autre côté, si l’on veut conserver un minimum d’efficacité dans nos pratiques, il conviendrait néanmoins de re-visiter ces apprentissages afin d’ouvrir nettement plus le champ des possibles pour mieux répondre aux situations « rencontrables » dans la rue…

Des lueurs d’espoir néanmoins grâce à l’intelligence d’Uké.

Malgré ces limitations préjudiciables de notre catalogue technique, d’autres qualités se cachent heureusement dans le travail des saisies, qualités qui justifient amplement que l’on s’y attarde…

Si l’on peut critiquer le caractère facilement statique et éventuellement rigidifiant des saisies – à la différence de celui des frappes plus spontanément dynamiques – ces caractéristiques peuvent devenir un avantage en permettant d’appréhender à son rythme et de façon progressive les distances et les rapports de force propres à la « martialité ». L’efficacité de ce travail repose bien sûr sur la bonne volonté et la capacité d’Uké à adapter sa saisie aux compétences de Tori. Il ne s’agit donc pas de donner un blanc-seing à une pratique bornée, en force, qui viserait surtout à empêcher Tori de travailler en le bloquant inutilement. Ce qu’il s’agirait plutôt de développer, par le respect de consignes claires, c’est l’idée d’une fermeté souple de la part d’Uké. Celui-ci viserait à développer intelligemment chez Tori la perception des rapports de force et leurs conséquences dans son corps et dans celui d’Uké. Il tenterait d’enseigner ainsi la biomécanique du corps humain de façon pragmatique plus que théorique.

Alors, comment procéder ?

Pour saisir correctement – par exemple – le poignet de Tori, la main d’Uké devrait rester souple, adaptable et presque « moelleuse »… Lorsqu’elle se poserait, la paume devrait idéalement adhérer de façon égale sur le bas de l’avant-bras, les doigts puissants mais serrés sans force excessive. Une fois la technique enclenchée, Uké devrait s’efforcer de continuer à « coller » aux mouvements de Tori afin que l’apprenant puisse percevoir et visualiser les conséquences de ses actions sur le corps d’Uké. Si, par ignorance, raideur ou mauvaise volonté, Uké lâchait prise dès que le mouvement commençait, le transfert d’information ne pourrait plus s’effectuer et la formation de Tori deviendrait aléatoire.

Le but d’une saisie étant a minima de gêner Tori, si cette gêne disparaît par un lâcher de la prise, ce même Tori serait susceptible de se retourner facilement contre un Uké qui ne le contrôlerait plus. En clair, un Uké responsable devrait « illustrer » corporellement le mouvement de Tori non pas en se figeant sur sa position mais en tenant « correctement » son partenaire…

Bien sûr la démarche peut paraître artificielle mais elle ne le semblerait que dans un premier temps, l’idée d’Uké étant d’amener Tori à comprendre les effets de ses mouvements pour apprendre à canaliser son énergie. Celui-ci ne ferait pas tout et n’importe quoi mais il s’efforcerait d’agir en traducteur des gestes de Tori par ses propres mouvements. A terme, lorsque Tori serait devenu capable de guider le corps d’Uké, ce dernier devrait progressivement se montrer peu à peu moins conciliant. Le but serait alors d’amener Tori à renverser la situation et à comprendre comment guider Uké au moment opportun afin de se libérer des contraintes pour devenir l’initiateur des attaques en « aspirant » son adversaire par la fluidité des techniques.

Dans un premier temps, le développement du travail de saisies permettrait donc d’effectuer des gestes ciblés qui deviendraient progressivement plus précis (on prendrait le poignet à une ou deux mains, on attraperait le coude ou la toile du keikogi, on ciblerait l’épaule tout en s’assurant que la proximité avec Tori ne rendrait pas la situation excessivement dangereuse, etc.). Ce que l’on chercherait alors également à développer ce serait la perception des mouvements externes puis internes du corps de Tori, sa stabilité, le jeu de ses articulations, la force dont il disposerait, la pression qu’il exercerait…

Intelligemment réalisé, ce travail n’empêcherait, bien sûr, ni la puissance ni la finesse.

Les étapes successives de la formation tendraient donc à affiner la conscience du fonctionnement musculo-squelettique en mettant progressivement en œuvre les études plus dynamiques, plus mobiles de la pratique. En effet, les premiers exercices, généralement statiques, ne sont que le B.A./BA de notre alphabet, les phases suivantes de l’étude ambitionnant d’amener le pratiquant à une lecture en continu, connectée et sensible aux multiples informations fournies par le corps de l’autre en mouvement.

Donc, contrairement à ce que l’on pourrait penser de manière un peu primaire, ce que l’on viserait alors à développer chez l’apprenti Uké lors des exercices de préhension, ce ne serait pas le fait de « simplement » bloquer le poignet, le coude, l’épaule, etc. de Tori mais de progressivement lui apprendre à contrôler ainsi le centre et la stabilité de Tori en une sorte de travail « à distance » sur le corps de l’autre. On serait donc bien loin d’un stérile rapport de force entre Uké et Tori et à ce titre le rôle d’Uké glisserait progressivement vers celui d’Aïté.

Un retour aux sources et des outils adaptés aux besoins…

Une telle approche ne serait d’ailleurs pas sans rappeler la chronologie formative historique, traditionnelle, allant de Go no geïko, vers Ju no geïko puis Ryu no geïko. Aller du solide vers le fluide ferait toujours sens. L’éducation au rythme qui en viendrait à évoluer au fil de ces phases éducatives serait également fondamentale, je citerai pour mémoire les propos de Marc Alexandre (médaille d’or en Judo aux JO de 1988) : « le Kumikata, la saisie, c’est avant tout une affaire de rythme et de distance »… Ces travaux de Kumikata du Judoka pourraient d’ailleurs utilement servir de référence à l’Aïkidoka, ce qui est alors privilégié étant le contrôle de la toile du Keikogi, une approche qui n’est que très rarement proposée en Aïkido alors qu’elle est également très riche d’enseignements.

En fait, et c’est un problème pour l’enseignant consciencieux, l’évaluation du travail des saisies en elles-mêmes (et « contre » elles) est difficile à apprécier du point de vue de la validité des transferts pédagogiques… à savoir ceux qui vont des saisies vers les frappes car peut-être que ce travail des saisies trouve sa justification non pas dans une combativité directe mais plutôt dans la grande richesse de perceptions, de sensations et de développement personnel qu’il amène. Il faut donc sûrement y regarder à deux fois et veiller à ne pas avoir un regard trop réducteur sur cette approche car on risquerait de perdre des outils de formation « discrets » mais qui pourraient pourtant s’avérer utiles.

Un autre intérêt apporté par ce travail appliqué intelligemment est à lire dans un autre transfert, celui qui s’active lors du changement des rôles. On peut espérer qu’Uké, ayant appris la flexibilité et la disponibilité mentale tout autant que la souplesse, une fois devenu Tori, bénéficiera des outils lui permettant de réutiliser ces compétences à bon escient surtout que dans un « vrai » combat, ces aptitudes sont capitales. Si sur un tapis, le petit jeu de dupes du blocage peut éventuellement fonctionner (chacun sachant ce que l’autre est censé faire), dans la rue, tous les coups sont permis et c’est régulièrement le plus adaptable et le moins figé qui s’en sort le mieux… Il ne faudrait d’ailleurs pas perdre de vue que, bien qu’étant généralement envisagée comme un atout, la force peut rapidement s’avérer contreproductive par le ralentissement des processus psychomoteurs qu’elle induit.

En outre c’est lors de l’entraînement à cette approche principalement corporelle que l’on a le temps de se forger des outils « psychologiques », permettant de développer la vigilance la plus « vraie » possible, celle de son ouverture d’esprit, celle qui laisse au corps toute ses disponibilités.

Ce qui semble être un viatique, c’est la conscience qu’une saisie ne sera véritablement efficace que si elle peut s’adapter rapidement et se modifier en cas de besoin. Si l’on veut apprendre sans perdre de temps dans des exercices contre-productifs, il faut donc envisager très tôt dans la formation de ne pas concevoir une saisie comme un arrêt sur image accompagné d’un blocage rigide mais plutôt chercher à développer la quête d’une certaine fermeté dans le placement et l’action de la (ou des) main(s) tout en prenant en compte sa propre sécurité, essentiellement par une distance protectrice, constamment adaptable. A contrario, faire aborder la pratique du débutant uniquement par un travail trop souple ou trop fluide risque bien sûr de lui faire construire sa pratique sur du sable par manque de réalisme quant aux rapports de force auxquels il pourrait occasionnellement être confronté.

En conclusion on peut donc affirmer que, pour les saisies, comme pour bien d’autres aspects de notre pratique, tout est une question d’intelligence et de dosage…

Cet article est initialement paru dans Dragon Magazine Spécial Aïkido, n°24